En vain j’attends (l’autobus S)

En vain j’attends l’autobus S qui jamais ne s’arrête
en août et en juillet quand je guette à l’arrêt
entre deux militaires et une nonne à cornette
tandis qu’au creux d’un tout petit carnet corné

je gribouille, grincheux avec un bout de craie
sans jamais un instant redresser la crête
deux phrases qui riment presque : un poème, un sonnet ?
quelles sornettes ! Mon oreille espère la sonnette

De l’autobus S qui jamais ne s’arrête
en août et en juillet. Je l’attends à l’arrêt
(Se pointer en retard c’est un beau coup de dé,
on sait que le hasard ne paie jamais ses dettes)

La Régie des transports méprise mes coup de tête
(il faudrait que j’apprenne à lire l’horaire d’été).
Déjà l’automédon d’hier m’a rit au nez
comme je m’agitais, ridicule marionnette

derrière le véhicule filant dont la silhouette
disparut de la rue d’un battement de cil (ou est
-il ?
) ! Il faut bien l’avouer j’en suis resté bouche bée
stupide comme l’agneau le sabot dans l’herbette.

La régie des transports méprise mes coup de tête
il faudrait que j’apprenne à lire l’horaire d’été
de l’autobus S qui jamais ne s’arrête
en août et en juillet quand j’attends à l’arrêt.

 

 

* * *
Faux sonnet, mais vrai sornette, bricolé(e) sans attendre le bus et pour le retour des jeudis poésie d’Asphodèle. La récap’ des autres participations, c’est là.

43 commentaires

  1. Je me demande si ici, à Paris, Hidalgo a jamais lu Queneau…

    Des fois on aime les zigzags autant que Zazie (à l’époque où conduire un quatre-roues n’était pas un péché). 😉

    • Ne soyons pas mauvaise langue, elle doit connaître au moins son nom, puisque Paris a sa rue Queneau – entre les rues de la Chapelle et de l’Evangile (!)
      🙂

  2. Très enlevé et très précis pour une sornette. J’adore. Me rappelle les bus irlandais où sur l’affiche un squelette attend l’autocar. Bon vieux temps où l’on croisait militaires en tenue et soeurs en cornette, enfants en marins et prêtres en soutanes. Bravo cher Paresseux (unau ou aï?).

    • Merci Modrone ; je ne connais les bus irlandais, mais le squelette à l’arrêt me plait bien. « Bon vieux temps ».. pourtant, on croise de nouveau des militaires deux par deux, à défaut de cornettes, de petits marins et d’ensoutannés.
      unau ou aï ? je avis me renseigner : je suis paresseux, pas zoologiste !

  3. Je trouve que tu vas nous filer des complexes, de poète du dimanche tu passes à poète tout court ! C’est terriblement bien vu, visuel , désenchanté mais pas trop et bien écrit ! Les soeurs en cornette mais où sont-elles passées ? 😆 Bravo ! 😉

    • MerciAsphodèle ! C’est drôle comme l’image des soeurs en cornettes marque les commentaires ; il faut que j’avoue qu’elles sont venues là uniquement pour le couple « corné/cornette ». D’ailleurs, toute l’affaire est construite autour de ces couples « é/ète » ; l’histoire et les images sont venues en cours de route.
      Sinon, paresseux, je reste du dimanche !

      • Ah ah ah! Par contre tu as du en voir courir quelques uns après leur bus manqué?
        Pour ma part, c’est le train qui me porte malheur: dernièrement, j’ai raté un train alors que je l’attendais sur le quai depuis 30 minutes (c’est que je lisais!). Et cette petite distraction m’a valu moult péripéties ensuite: passant par Tours, Saumur, Cholet, Angers, Lyon, Vienne, mon bled paumé, j’ai rencontré de véritables presque nonnettes de 20ans mais sans cornette qui chantaient puis se moquaient durement des non croyants- ces pauvres idiots, un monsieur qui s’enfilait des rails de coco sans aucune pudeur en s’appuyant contre moi et en reluquant les chevilles des nonnettes, le bras droit d’un des gros rapaces de la finance française qui n’en pouvait plus de s’enfler comme la grenouille et je ne sais pas s’il a fini par crever. Retad final: 30h, mais j’ai peut être un roman à écrire maintenant!

          • Ah, mais, tiens, en voilà une idée! Un roman qui partirait de Tours! 😉
            (Sans doute qu’un de mes personnages récupérés au pied du grand cèdre de Tours connaitra ce périple. Quelque chose me dit que ce sera Julie. Enfin, il faudra voir et négocier avec tous, qu’ils ne se battent pas pour le rôle!)

            • Un roman ? Une saga, oui : tu as au moins 7 tomes : Tours, Saumur, Cholet, Angers, Lyon, Vienne, ton bled paumé, 🙂
              et du coup tous les persos du grand cèdre auront leur tour, pas de bagarre en perspective !
              Et tu pourras même démarcher d’autres villes (et la sncf) pour ajouter de nouveaux épisodes 🙂

              • 7 tomes, comme tu y vas! Il va me falloir plus de café, moins de sommeil et une vente juteuse de mes enfants sur le bon coin!
                Et en plus, je stagne déjà à deux chapitres… bouhhhhh!

                • 7 d’un coup, c’est toi qui a la bonne méthode! Pour la sncf, j’ai écrit une lettre de réclamation, mais c’était un roman finalement. Ca ne leur a pas plus: j’ai rien touché! Du coup je publie sur lesnarinesdescrayons, je ne touche rien non plus mais au moins c’est sympa!

  4. Ze ne sé pas qwa dire : on vient de m’enlever une dent et z’ai du mal à écrire et à rigoler. Alors, ze ne peut pas faire de bon mot ni même dire z’aime, z’est trop dur. Là, ze vé prendre une aspirine car za se réveille et za fé mal. Et ze n’enverrai pas ma foto, non, non et non. Et z’est pas une blague non plus. Et z’aimé beaucoup ces vers en zette.

  5. Je suis contente cher Carnets Paresseux que vous ayez retrouvé la trace de l’autobus S qui avait disparu avec Queneau : je vois par contre que le fameux jeune homme au chapeau à galon tressé est perdu corps et âme.

  6. allons bon ! Tu n’attendais pas le bus et moi je t’y voyais si bien ! Décidément, je crois tout ce qui passe et qui se lit ! Quelle naïveté ! Et je t’enviais de savoir le numéro, non la lettre de ce bus qui n’en finit pas d’arriver ! Il y a un arrêt de bus à 200m de chez moi, je n’ai jamais osé m’y poster et encore moins pester sur le conducteur de cet engin, tout simplement parce que je ne sais pas où il se rend ni à quelle heure il passe ni à quelle heure j’arriverais dans un endroit que je ne reconnaitrais pas, peut-être ! Tu me suis ? (rire)
    Je vais faire plus simple, si je ne prends pas la voiture, je choisis la marche et m’étonne alors de voir le bus me dépasser et déplore qu’il arrive avant moi.. oui, mais où ?
    Bon, je dis n’importe quoi, il est exactement 23:47, l’heure où mes neurones demandent grâce…il serait temps que les écoute et lâche cet ordinateur de malheur…bonne nuit !

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