Pour l’heure…

0_BML_02EST01000F17CAL002248D23361002248

Pour l’heure, la fièvre vous porte,
Frêles dames et gueux grelottants,
Vous promenant pâlots, palotes,
Petits pantins pantelants,
Trophées tout transis tressautant,

Sire ou sœur de triste sorte,
Sottisant, Pierrot toussotant,
Pour l’heure la fièvre m’escorte,
Petit pantin pantelant,
Entre la chambre et la porte.

Pour l’heure écoutez la cohorte
De pleurs et larmes, tristes chants,
Soupirs et tremblements :
Les petits pantins pantelants
Supplient dieu et diable à corne torte.

Demain sera d’une autre sorte
Quand, guéris et forts insouciants
Fiers seront, fiérots, fiérotes,
Les petits pantins gambadants.
Pour l’heure la fièvre nous porte.

***

Fantaisie à la façon de Jacques Callot, en souvenir d’Aloysius Bertrand.

illustration : Jacques Callot, Superbia, Numélyo

Précisons qu’il s’agit d’une fiction et que le je du narrateur n’est pas celui de l’auteur (en bref : je vais bien).

37 commentaires

  1. Damned, serais-tu fiévreux? Il faut surveiller cela de près. Si nous n’étions pas jeudi on aurait pu évoquer la fièvre du samedi soir mais ce n’est pas le cas.
    Il est bon de surveiller l’ascension de la fièvre et de voir à ce qu’elle ne fasse pas le pont 😉

  2. Demain les petits pantins ne se souviendront plus qu’ils ont toussé et grelotté, c’est qu’ils sont insouciants mais c’est peut-être mieux ainsi.
    Magnifiquement tourné cet « à la manière de »

    • Merci Almanito ; si les petits pantins se souvenaient d’avoir toussé et grelotté, faudrait encore qu’ils sachent quoi faire de l’information, au risque d’avoir mal au crâne ; il vaut mieux qu’ils oublient 🙂

  3. J’espère que tu n’as pas attrapé le virus « à la mode »…!

    Si c’est le cas, cela ne t’a pas ôté ton talent poétique,
    ça l’aurait même « exacerbé »…
    ce qui est rassurant !

  4. Si la fièvre du jeudi soir persiste (et si elle te concerne), avale quelques grelots de Doliprane, et attends tranquillement que le Président calendaire – et courant d’air – ouvre en grandes pompes les vannes alimentaires, vestimentaires, culturelles et opérationnelles telles qu’il les a prévues sans accorder le moindre crédit au « Conseil scientifique » dont il disait qu’il l’avait créé pour être éclairé dans ses décisions de prince absolu (on préfère la vodka Absolut).

    Un exil à la campagne serait aussi à souhaiter : une églogue charmante ne manquerait pas d’en naître alors sous ta plume inventive ! 🙂

  5. Bon, tout le monde a tout dit 😀 Ravie au passage que tu ailles bien, c’était une bonne idée de le préciser sinon ça nous aurait donné un (autre) coup de chaud………

  6. Bon jour Carnetsparesseux,
    J’aime cette fièvre pour l’heure et cette référence à Aloysius Bertrand 🙂
    Bonne soirée
    Max-Louis

  7. J’aime votre image de « Petits pantins pantelants,
tout transis tressautant » , que nous sommes tous depuis un an.
    Et votre optimisme final.
    Votre écriture est un art parfaitement maîtrisé. Il faudrait qu’il soit contagieux ! On en redemande.

    • Merci Marie-Christine ; pour ce qui est de l’optimisme, j’avais envisagé un premier dernier couplet (si on peut dire) plus grinçant :
      Demain sera d’une autre sorte
      Pour les guéris : forts insouciants…

      et puis, l’époque étant assez au grincement, j’ai préféré sourire 🙂

  8. J’ai relu tant et plus, ça y’est, j’entends note ! L’Ondine de Ravel (jouée un peu martelée) pour la fièvre, le rythme et le présent pantelant.
    🙂

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.