Les tuiles

Les tuiles des toits
ne s’aventurent guère
au delà des gouttières.

Au vrai, y songent-elles ?
Quel rêve les mène ?
Les tuiles sont taiseuses.

Jamais ça les démange
même quand par accident
un grand vent les dérange.

À elles la pluie la grêle,
les pattes des pigeons
et les chats insolents.

Jour après jour les tuiles
somnolent au raz du ciel
encouetté de nuages.

Et la moindre d’entre elles
La lune à son chevet
dort à la belle étoile.

 

***

illustration : Toits de Strasbourg, BnF/Gallica

38 commentaires

  1. Il fallut qu’un poete passe par là pour qu’enfin les tuiles aient une âme.
    La baguette magique du DoDo et les objets vivent.

    • Merci Dominique ; pas besoin de baguette magique, les objets vivent tout seuls : il suffit de les regarder jouer entre eux sans les déranger, et le tour est presque joué.

  2. Un bel hommage aux tuiles, si belles et si souvent « oubliées »…
    Je les aime…
    tant qu’elles ne me tombent pas dessus, bien sûr ! 😉

    Merci à « toi(t) » pour ce beau poème !

  3. On aurait pu dire les ardoises/tuiles du Cantal,

    Qui sont cloutées elles…..

    extraites des ardoisières du pas de porte…

    de la Corrèze toute proche,

    « La Belle Étoile!!! »

  4. Recette

    Prenez un toit de vieilles tuiles
    un peu avant midi.
    Placez tout à côté
    un tilleul déjà grand
    remué par le vent.
    Mettez au-dessus d’eux
    un ciel de bleu, lavé
    par des nuages blancs.
    Laissez-les faire.
    Regardez-les.

    Eugène Guillevic

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