En ripopées et rucheries

Après l’hiver vient le printemps
Qu’il pleuve ou qu’il fasse vent
La verte langue fait peau neuve.

Le croquenote est à l’épreuve
Rhapsodiant les mots reverdis
En ripopées et rucheries.

A beau faire la roue le paon
Guinette pioute, l’âne hi-han
Après l’hiver vient le printemps.

Qu’il pleuve ou qu’il fasse vent
Tartouillée sans tartufferie
Comme chat guigne la souris,

La verte langue se r’invente
Et les vieux vocables s’engantent
En ripopées et rucheries.

Nul plumitif n’en démordit
Après l’hiver vient le printemps
Qu’il pleuve ou qu’il fasse vent.

***

Cette semaine, les impromptus proposent d’utiliser huit mots parait-il obsolètes : ripopée, tartouillade, rucherie, croque-notes, s’enganter, guinette, rhapsoder et plumitif. Les définitions des ceusses soulignés sont visibles en cliquant dessus ; je ne sais pas trop ce que rucherie et s’enganter veulent dire… On pouvait n’en utiliser que cinq. Paresseux, je n’ai pas vraiment choisi.

illustration :Kalīla wa Dimna  (traduit par Ibn al-MuqaffaʿʿAbd Allâh), BnF-Gallica.

 

19 commentaires

  1. J’adore mais as-tu pensé à envoyer ton texte aux Impromptus , je ne l’ai pas vu dans la réception des mails. Il me semble que tu es inscrite chez nous. bises

      • oh, avec de l’imagination, cela peut désigner beaucoup de choses : un lieu-dit, un ensemble de ruches, un nom de métier (apiculture et rucherie, comme il existe sylviculture et foresterie)… bref, un tas de raisons d’exister à mon avis, aussi essentielle qu’est l’existence des abeilles pour notre petite planète.

  2. Dans tous ces mots imposés, je ne connais que « plumitifs ». Les autres mots sont si jolis et pittoresques que je me suis bien gardée d’en chercher le sens! 😉

    • Merci Mo ; pour les mots, je connaissais plumitif et croquenotes; pour les autres, j’ai chercher leur sens par acquis de conscience, mais je me suis plus servi de leur sonorité que de ce qu’ils pouvaient dire « en vrai » 🙂

  3. Dans cette agréable prosopopée des ripopées et rucheries (pas trouvé ce dernier mot dans mon Littré de 1882, tome V), les mots désuets ou piqués comme des papillons sous verre s’envolent à tire-d’aile.
    Que les ripopées par tripotées nous donnent du cœur au ventre – dépêchons-nous avant la nouvelle prohibition à la Buzyn qui nous guette…- et que les ruches rient, le printemps sait s’accommoder du changement politique et climatique !
    Que les croque-notes s’amusent avec les portées (il faut qu’elles soient ouvertes ou fermées), que les manants monnaient leur inspiration, que les gueux portent des gilets jaunes et les squatteurs de l’Élysée des costumes ou ensembles de grands couturiers bientôt chinois, dansons la Carmagnole en mots, tant que la censure gouvernementale, par « fournisseurs » interposés, ne les a pas encore tous algorithmés !

    Bravo pour cette comptine mutine et paresseuse à souhait ! 🙂

    • Merci Dominique ; en ces temps ou des mots perdent leur sens, à force d’être usés et retournés jusqu’au plus haut sommet de l’Olympe, il est rassurant que de penser que déjà en 1882 le sens de rucherie s’était égaré. Ii n’y a donc aucune raison que je sache ce qu’il veut dire aujourd’hui ! Raison de plus pour le ressortir du lot, et voir si, à l’emploi (traversant la rue) il retrouve un sens ou un autre ; et ses petits camarades avec lui 😉

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