Ballade de l’Ourcq

23

11/07/2018 par carnetsparesseux


Marolles, Mareuil, Neufchelles,
De jour comme de nuit
D’écluse en échelle,
Bavard en parole
Le canal va sans bruit.

Trilport, Villenoy, Trilbardou
Passent en silence.
Fleur de boue, éclair de cuivre,
L’eau claire et verte
Sait-elle où nageait la Vouivre ?

Varinfroy, Varreddes, Poincy,
Parmi les eaux à la dérive
Bracelées de poutres d’acier
Tout va et vient ici
Et rien jamais n’arrive.

Trilbardou, Villeparisis,
Tant de chemin, si peu de peine.
Qu’attendre encore ?
Presque rien,
Sevran, Pantin… déjà Paris ?!

Comme le vaste monde est petit !
Qui a vendu la peau de l’Ourcq ?
Silencieux et compassés
les quais de Seine
collent leur dos au parapet.

 

 

* * *

Dominique Hasselmann nous propose cette semaine une balade en quatre épisodes sur les bords du canal de l’Ourcq. J’apporte mon écot à ma façon.

Illustration : Atget, Porte du passage de l’Ourcq (Boulevard Sérurier, 19e arrondissement, Paris) 1913. BnF/Gallica.

 

23 réflexions sur “Ballade de l’Ourcq

  1. @ carnetsparesseux : c’est très gentil d’apporter ainsi votre contribution, sous forme d’une ballade qui prend son envol de ses deux ailes, à la mienne, ainsi mise en valeur par la succession des noms des lieux-dits et cette photo ancienne – Atget ne s’est donc pas cantonné de photographier les boulevards devenus haussmanniens, j’ai donc roulé sur ses traces sans le savoir ! – qui sont comme l’avers ou l’envers d’une perspective plus récente et plus colorée (la météo indulgente y est aussi pour quelque chose), mais les paysages sont encore les mêmes : la vision perdure au-delà des années, elle est soit imprimée sur papier soit dans les méandres de l’esprit.

    • Oui, nous nous suivons et Adget va devant nous (et quelques autres aussi) ; je trouve plaisante et rassurante cette marche là, faite d’images, de noms et de souvenirs partagés.

  2. Un joli défilé de paysages et de lieux qui font dériver la pensée de fil en anguilles.

    • le fil en anguille, c’est pour la saison de la pêche !
      Merci Anne ; il me semble qu’un poète belge m’a emprunté par anticipation la ronde de nom de lieux.
      🙂

  3. J’ai flâné, avec toi, sur les chemins de halage, au fil de l’Ourcq et j’ai aimé cette ballade comme une promesse de paisible balade.

  4. 'vy dit :

    Un bel écot qui s’écoule tranquillement et nous ouvre un passage que l’on suit volontiers.

  5. On te suit, et c’est très joli!

  6. L'Ornitho dit :

    A découvrir plus profondément (mais à quai!!)

  7. Frog dit :

    Je rentre de l’école, une litorne sautille à mes côtés, je lis ton si joli poème, une grande tendresse me vient pour la France – poésie des noms, grâce de l’eau. J’aime beaucoup et je te remercie.

    • Une litorne ou une licorne ?
      La litanie des noms de lieux a quelque chose de magique ; il suffit de les faire défiler, et hop ça fonctionne (quelque soit le pays) et le reste s’installe dans les creux.

      • Frog dit :

        Oui, mais ça fonctionne à partir de références réelles ou imaginaires, et ici, c’est la France qui est jolie ! Une grive litorne, donc, que j’ai dû googler parce que je ne connaissais que son nom anglais, fieldfare. 🙂

  8. Esther Luette dit :

    Quelques minutes de flottement paisible à te lire, dans le tourbillon beaucoup trop rapide de ma journée. Tes mots coulent, comme une fraîcheur bienvenue.

  9. almanito dit :

    Une ambiance nostalgique et poétique le long du canal avec ses mystères et le temps qui semble arrêté. La balade est paisible et fraîche, ça fait du bien par cette journée d’été.

  10. Leodamgan dit :

    Parce que le canal de l’Ourcq passe par tous ces endroits?
    J’en apprends de la géographie avec toi!
    Bonne soirée,
    Mo

  11. Valentyne dit :

    Tant va le Po à l’Ourq qu’à la fin il se casse ?

  12. Célestine dit :

    Splendide et nostalgique comme tu sais parfois l’être, avec ta pointe d’humour qui me rapproche davantage encore de tes écrits.
    Merci pour ce beau texte.
    Les Ourcq se suivent et ne se ressemblent pas, grâce à toi.
    ¸¸.•*¨*• ☆

  13. Caroline D dit :

    et ton amour des mots
    qui afflue là encore
    et une ballade qui coule
    toute claire rivière

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