Vent de panique au potager !

Vent de panique au potager ! C’est le radis qui leur a dit qu’il souffle depuis la cuisine un projet de chaude soupe de saison mijotée à gros bouillon… D’avance pleurent les oignons. Sans glotte, sanglotent les carottes, le bègue radis leur a dit ! Aïe, aulx, pauvres navets qui n’avaient vraiment rien à se reprocher…

Le radis, radieux de son importance, redouble ses dir’adieu aux malheureux légumes élus. Le chou échoue à s’alarmer. Les rares rescapés se comptent :
– La pomme y est ? Non ?
– laitue, l’es-tu ?

Mais il n’ose pas avertir la cohorte verte et blanche longeant la planche. Il prie que la soupe délaisse les poireaux. C’est qu’il craint leur folie ! Ceux-ci pour lors restent serins, verts et blancs sous la bourrasque, princes ignorants de leur destin.

« Laisse, laisse…. poireau ? poireau ! les syllabes doublent et redoublent, le radis r’dit :
– Laisse l’espoir aux poireaux ! »

* * *

fantaisie potagère et homophonique en partie double, pour l’anthologie proposée par Victorhugotte. Illustration : « Cultivons notre potager« , Louisette Jaeger [écolière], Comité national de prévoyance et d’économies pour la guerre (Paris), 1916. Bibliothèque nationale de France, département Estampes et photographie.

43 commentaires

  1. Chou, hibou, haricot roux (dit aussi haricot venteux mais ça ne rimait pas), oca du Pérou, potimarron doux, ça pousse du caillou par ici.
    Bien joué la soupe d’assonances, homophonies et autres sérieuses pitreries.
    Je crains pour le poireau mais au final c’est peut-être lui le plus heureux !

    • une soupe au hibou ? bouh !
      la soupe d’assonance, c’était pour me débarrasser de la scie :
      « laisse
      l’es-
      poir aux
      poireaux »
      qui commencer à m’envahir le cervelet 🙂

  2. C’est délicieux comme un trompe-oreilles !

    Et cela me rappelle ce couplet bien connu :

    – Tes laitues naissent-elles, Estelle ?
    – Oui, mes laitues naissent.
    – Si tes laitues naissent,
    mes laitues naîtront.

  3.  » Ceux-ci pour lors restent serins, verts et blancs sous la bourrasque, princes ignorants de leur destin. »
    De toute façon même oubliés, ils disparaitront au printemps. En effet à ce moment ces princes prennent la grosse tête….
    En tout cas c’est ce qui se passe dans notre potager.

  4. Mon avis est qu’on ne doit pas laisser l’espoir aux poireaux, ni les faire trop poireauter. J’ai la certitude qu’inconsciemment ou pas, ils rêvent de finir en bouillon.

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