Cépulcre (Dictionnaire des orpherimes)

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10/08/2017 par carnetsparesseux

Cépulcre : Cépulcre (maculin, néologisme, rare) : Cep d’une vigne mortifère (soit par malveillance, incompétence, empoisonnement, sorcellerie, ou, depuis 1863, par le phylloxera), mais qu’un vigneron indélicat continue à exploiter, quitte à produire un vin très médiocre, voire impropre à la consommation.

Rime avec : Sépulcre.

♦ « Soit disant issu des vignes du Garlaban et plus certainement des caves des cafés d’Aubagne, mélange fraternel de fonds de bouteilles avariés, de laissés pour compte de vendanges incertaines, de mélasse, de jus de figue ou prune de rebut, de moûts douteux, et parfois rehaussé de mère de vinaigre, le Côte-Cépulcre de l’oncle Albert avait tout d’un redoutable chasse-cousin. Il fallait, quand même, le goûter et l’apprécier ». Marcel Pagnol, Les vignes de mon oncle, 1926 [inédit].

♦ « Il faut l’appât du gain / il faut le gout du lucre / pour servir sur le zingue / un tel Saint-Cépulcre ». Albert Corbie, Zingues plombés, 1947.

 

* *

On soulevait ici l’autre jour la grave question des mots sans rime, belge, bulbe, camphre, clephte, dogme, goinfre, humble, meurtre, monstre, muscle, pauvre, quatorze, quinze, sanve, sarcle, sépulcre, simple, tertre et verste. Ce petit dictionnaire donnera chaque jour la définition d’un des mots nouveaux proposés, puisqu’il est bon que chaque mot ait un sens afin que chacun comprenne en l’entendant la même chose que ce qu’à voulu dire son interlocuteur.

Quant aux citations, s’agissant d’illustrer des néologismes, le lecteur comprendra la nécessité d’améliorer nos sources.

 

  *

à suivre, avec l’aide des collaborateurs bénévoles s’il s’en présente.

 

 

Illustration  : The New York State business directory, containing the names, business and address of all merchants, manufacturers, and professional men throughout the state, 1867, Internet archive.

 

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17 réflexions sur “Cépulcre (Dictionnaire des orpherimes)

  1. « Cela râpe, cela ratiboise, c’est pulchre comme avant, ce nectar ! » (Saint-Emilion, Carnets secrets, Bordeaux 1343, BnF)

    • Une excellente contribution ! C’est bien la preuve qu’on trouverait plein de mots rares dans les sources privées, surtout si on se donne la peine de les inventer. Bref, il faut décoller la pulchre du fond 🙂

  2. almanito dit :

    Je crois que Pagnol se régalerait de tes « améliorations » :))

  3. Par extension, l’ on pourrait même nommer cépulcre le vinaigrier que l’ on remplit de vins aigres médiocres ou devenus impropres à la consommation 😉

  4. brindille33 dit :

    Trop drôle ton texte 🙂 J’ai bu les mots Je ne sais pour quelle raison, quelques gouttes d’hilarité ont dû s’y glisser dans cette cuvée. 🙂

  5. Aunryz dit :

    Parfois « y a d’la pomme » (fourire)²

    Me fais penser au vin de Renato (mon beau-frêre que je côtoie présentement en Calabre)
    avec les excellentes pâtes ou pizza ou le spezzatino (de Tripes con peperoncino piccante)
    – à condition de le consommer en vin jeune (dans la semaine de sa production) –
    il vaut un grand cru
    (la semaine suivante c’est un cepulcre²²²)

    cette série est goûteuse-issime.

  6. walachniewicz dit :

    Il me tarde de lire ce Pagnol inédit ;o)

  7. Pierrot Labryl dit :

    Moby Dick secrète du musc, le-
    -quel déborde en terrible muscle.
    L’océan vert le mue en Hulk res-
    -suscité d’abyssaux sépulcres.

    PS – Lien ici sur un sujet parent des orphelines, les rimes impossibles :
    http://robert.rapilly.free.fr/index.php/2017/08/11/381-sonnet-a-rimes-impossibles

    • Pierrot Labryl dit :

      Alain Chevrier sur la liste oulipo signale Charles Cros
      http://www.florilege.free.fr/cros/textes_divers.html
      dont une critique hilarante attribue à Manet ce distique à rime enjambée :

      Par le velours et par le musc
      la beauté subjugue le muscle.

      À l’oreille, « musc » suivi de « la » donne « muscl / a ».
      Aragon creusera cette technique de rimes enjambées.

      • Je ne connaissais pas cette magnifique critique de Charles Cros, assez dans la veine Allaisienne.
        Merci !
        pour les rimes orphelines, je me suis interdit les enjambées et les assonances pour aller vers quelque chose de beaucoup moins subtil.

    • Merci Pierrot ; Robert Rapilly est beaucoup plus sérieux que moi, qui m’arrête à la première occasion de sourire

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