Fiévreux et quinteux février

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01/02/2017 par carnetsparesseux

Sitôt dénouée la laisse de vœux et d’étrennes le ficelant à janvier
– le faux-frère premier de la classe –
février s’éveille et s’élance.

Fiévreux et quinteux, cahin-cahant dans un frisson,
il se hâte sur ses vingt-huit trop courtes pattes
– autant de jours autant de nuits.

Jour pâle sur grise nuit, la trop courte aventure défile
et vite février s’accroche
au rêve fou d’un jour de plus

– frileux espoir souvent déçu. Si peu de clarté, tant d’ennui ;
bientôt février se lasse, s’effiloche, s’embrume et s’efface
– un jour, une heure et c’est fini.

41 réflexions sur “Fiévreux et quinteux février

  1. grumots dit :

    Pauvre février ! Il a au moins l’honneur que tu écrives sur lui, ça lui redore son blason 🙂 J’aime beaucoup ce texte ❤

  2. gibulène dit :

    Il connaît malgré tout son jour de gloire tous les 4 ans !

  3. martine dit :

    Ce n’est pas le nombre de fois qui fait l’intensité de l’aventure
    Et puis, pourquoi cette déconfiture ?
    Vingt-huit a beaucoup de compagnons pour se constituer
    alors que vingt-neuf ne connait que lui-même pour se perpétuer.

  4. Alphonsine dit :

    Je ne comprends vraiment pas pourquoi Février, le pauvre Février a si mauvaise presse auprès des humains. Il est quand même le seul de tous les mois à se contracter pour nous permettre d’entrer plus vite dans le printemps éclatant !

  5. almanito dit :

    Vingt-huit petites pattes qui galopent vers les giboulées de mars…
    Joli façon d’évoquer ce petit fiévreux 🙂

  6. La Licorne dit :

    Trop court ! 😉

    Mais c’est superbement dit…
    Pauvre petit mois…

  7. Caroline D dit :

    ainsi ainsi
    mais voyons don’
    le pauvre mois découragé
    oublie-t-il que le temps qui passe
    – et dieu sait qu’il passe trop vite –
    lui redonnera son autre patte…
    blanche ou pas

  8. celestine dit :

    J’adore ton texte !
    Et aussi février, synonyme pour moi de printemps précoce : mimosas en fleurs, terrasses de caé au soleil, carnaval sur la Prom, bataille de fleurs, mais va-t-il avoir lieu cette année ?
    ¸¸.•*¨*• ☆

  9. sandrion dit :

    Très joli texte et « fiévreux et quinteux » s’applique tout particulièrement cette année… c’est l’hécatombe autour de moi !

  10. Domiuke dit :

    En tout cas ce mois de février a droit à un joli texte que beaucoup de mois lui envieraient. ..moi aussi.

  11. Stéphane dit :

    Février n’est pas si triste que cela, il y a la Chandeleur, Mardis Gras, la Saint Valentin… de quoi se consoler de l’hiver… En comparaison, janvier, avec ses 31 jours encore plus courts et encore plus froid, n’a qu’une galette des rois pour se consoler…

  12. jobougon dit :

    S’il faut que février ait 28 pattes, il doit passer la main du 29 à un de ses non-frères.
    Par exemple, je verrais bien les devoirs et les faux du verbe falloir disparaître au bénéfice du 32 xième jour de juillet. Gagner une journée de soleil et de vacances et échapper à la malédiction de la quinte pulmonaire virale, qui dit mieux ? Je préfère et de loin rallonger le nombre de jours en été. Et si l’année ne comportait que des mois de juillet ou d’août, ce serait carrément le rêve. Cela permettrait un retour à des contraintes naturelles essentielles à la vie. Et il n’y aurait plus de premier de la classe, car avoir deux pattes permet d’avancer l’une, et puis l’autre en alternance. Ce qui fait qu’ils seraient premiers à tour de rôle.
    Fameuse idée que ton texte, carnets, et fumeuse idée que la fumigation que je te propose pour calmer tes quintes.

    • On devrait même pouvoir déplacer tous les jours de février pour les coller entre juillet et aout, comme mois intermédiaire pour faciliter les échanges entre aoutiens et juillettistes 🙂

  13. jacou33 dit :

    Février, si tristement résumé, m’a pourtant fait un joli cadeau, quelque décennies plus tôt, et un 29, en plus…joli texte.

  14. burntoast4460 dit :

    February, month of despair,
    with a skewered heart in the centre.
    I think dire thoughts, and lust for French fries
    with a splash of vinegar.

    Margaret Atwood.

  15. emilieberd dit :

    « Jour pâle sur grise nuit, la trop courte aventure défile
    et vite février s’accroche
    au rêve fou d’un jour de plus » Mon préféré !!
    Hi, hi! Pauvre février qui sacrifie ses heures de gloire aux mois du printemps. Après…un mars et ça repart! Ok, je sors…😄

  16. Voilà que cette petite ode au mois de février que je déteste le plus au monde a le bon gout de me ressusciter. Du moins un peu.

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