Vol d’horloges ! (3)

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30/11/2016 par carnetsparesseux

si vous avez raté le début& la suite (et la bande-son de l’épisode)
Quand je reviens à moi, j’ai encore les oreilles qui font ding-dong. Allez, sonnez, les cloches, ça m’apprendra à faire confiance… Par bribes, la soirée d’hier me revient, de la visite de Novembre jusqu’au coup de Big Ben qui m’a sonné pour le compte. Bon, assez gémis, reprenons les choses dans l’ordre : d’abord, ou suis-je ? J’ouvre un œil : chichement éclairé par une loupiote avare, je découvre une espèce de réduit grisâtre, meublé d’étagères couvertes de carillons, de réveils, de mécanismes, de balanciers ou d’horloges qui caquètent et cliquètent tant qu’elle savent : ouf, les cloches ne sont pas toutes dans ma tête. Visiblement, c’est l’arrière-boutique de l’horlogerie. En revanche, pas trace de l’horlogère : adieu ma jolie traitresse ! Qu’est-ce qui lui a pris de m’estourbir ? Est-ce qu’elle m’a doublée ? Que de mystères ! était-elle vraiment horlogère ? Voilà que je parle d’elle au passé ! Et d’un coup, je me demande si c’est bien elle qui m’a cogné. Et si c’était elle qu’on était venu chercher ? On m’aurait juste assommé pour avoir le champ libre. Ou alors j’ai été suivi et c’est moi qui lui ai attiré des ennuis…

Je me lève et je furète à la recherche d’une sortie. Bon, pas d’issue côté arrière-boutique. Je passe côté magasin. Avec de la chance la clef est sous le tapis. Raté ! Je ferraille un moment avec le bec-de-cane. Pour rien.

Que faire ? Appeler à l’aide ? Vu l’heure et le quartier, j’aurais de la chance s’il y a trois tondus et un pelé dehors. D’ailleurs, quelle heure peut-il être ? Il n’y a pas un coucou ici qui donne la même heure que son voisin… c’est le comble !

Un bruit me fait sursauter. Dehors, quelqu’un s’escrime sur la porte du magasin. Quelqu’un de doué question serrure : en trois coups de cuillère à pot la porte s’ouvre. A l’oreille, je dirais qu’ils sont deux à entrer. Depuis l’arrière-boutique où je me suis planqué, je les entends qui farfouillent en maugréant. Ça ne me dit rien de bon. Trop silencieux pour des flics, pas assez discrets pour d’honnêtes cambrioleurs. Pourvu qu’ils trouvent vite ce qu’ils cherchent et qu’ils partent avec ! Quoique… de deux choses l’une : soit ils ne sont pas là pour moi, et il vaut mieux qu’ils ne me trouvent pas ; soit ils sont venus me chercher, et… il vaut mieux qu’ils ne me trouvent pas. S’ils jettent un œil dans la réserve, je suis refait. A moins de me déguiser en montre à gousset… Ah mais la voilà ma planque ! Le vieux truc de la lettre volée ! Ni une ni deux, je me glisse dans un coffre d’horloge. Bouh, c’est plus étroit qu’un cercueil sur mesure.

Juste à temps. Deux costauds entrent dans la pièce. Coincé dans ma boite, j’ai du mal à voir ce qu’ils fabriquent. On dirait qu’ils attrapent un truc lourd – va savoir quoi ? – et qu’ils sortent avec. Ben voilà, c’est réglé ! Ah non, ils reviennent. Ils s’approchent de mon horloge, l’examinent, l’inspectent – heureusement sans regarder dedans – l’empoignent, la bousculent, la basculent, la sanglent, la soupèsent et l’emportent – et moi avec ! Dire que je cherchais un moyen discret de me faire la malle, voilà que je sors les pieds devant, et avec des porteurs s’il vous plait !

Ils flanquent sans ménagement leur colis à l’arrière d’une camionnette dont le moteur tousse au ralenti. Je risque un œil : on dirait que le coffre est remplie d’horloges ! C’est la nouvelle mode ? Les portières claquent, la chignole déboite et file dans la nuit. Du fond de ma caisse, j’essaie de suivre l’itinéraire. Peine perdue ! Mais j’ai la berlue ou quoi ? Voilà qu’une bouffée de parfum bien connue vient me narguer jusque dans mon coffre !
* * *

à suivre !

3e épisode du polar de l’agenda ironique de novembre. Les titres des n°12, 20, 47, 51, 195, 406 et 608 de la Série noire se sont glissés dans l’histoire, ainsi que celui d’une nouvelle d’Edgar Allan Poe.

Pour la suite du feuilleton, je vous propose de choisir les prochains titres à incorporer (de préférence dans les 100 premiers numéros de la Série noire (ici, la liste) ; à vous de jouer ! On peut aussi encourager un titre déjà choisi, via le sondage :

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31 réflexions sur “Vol d’horloges ! (3)

  1. Palpitant thriller. J’aime. La suite please.

  2. Alphonsine dit :

    Pendez-moi haut et court, Ca sent le sapin, Vivement mes pantoufles.

  3. Milton dit :

    Yeahhh, super !
    L’exercice du polar (incorporant des titres de polars !) est super réussi. Bravo 🙂
    Vivement dimanche, heu non… Vivement la suite !

  4. laurence délis dit :

    La môme vert de gris – Un linceul n’a pas de poches – Les femmes s’en balancent – Les spaghetti par la racine – Tu seras tout seul dans ton cercueil –

  5. Dominique dit :

    Tic! Tac! Tic! Tac! Tic! Tac!, le suspens démarre sur les chapeaux de roues,
    Tic! Tac! Tic! Tac! Tic! Tac!, mais que diable va t-il faire dans cette guimbarde ?
    Tic! Tac! Tic! Tac! Tic! Tac! Il va falloir que je fasse preuve de patience et longueur de temps pour savourer la suite…
    Quel talent, les images me viennent comme dans une bande dessinnée en même temps que je lis les mots.

    • Que diable allait-il faire dans cette bagnole ?
      et d’abord, que diable allait-il faire dans cette horloge ?
      et dans cette boutique ?
      et dans cette histoire ?
      et … ?
      va falloir que je pense à répondre à quelques unes de ces questions qui se sèment le long de l’histoire comme des petits cailloux…
      enfin, patience et longueur de temps nous en diront plus (peut-être). Et merci d’imaginer des images à partir de ce feuilleton !

  6. almanito dit :

    J’ai voté « ça sent le sapin »: c’est bientôt Noël, pas du tout en prévision d’ une fin tragique :)) et j’attends la suite évidemment. Ce parfum…mais est -elle parmi les voyous ou bien a t-elle été enlevée? Tu sais ménager le suspens!
    As-tu prévu la suite de façon précise ou bien écris-tu au fur et à mesure?

    • Pour le sapin, je ne sais pas si le feuilleton va tenir jusqu’à Noël… le suspens, c’est aussi pour moi : par exemple, pour l’instant, je ne suis pas encore sûr du rôle exact de la fille… alors le suspense me laisse un peu de temps pour me demander ce qui pourrait arriver !
      Pour la suite, j’ai quelques points de repère prévus (des passages « obligés » que j’imagine à peu près) reliés par des points de suspension où je n’ai encore aucune idée de ce qui va arriver. Sans compter les bifurcations toujours tentantes 🙂
      bref, je navigue à vue…

  7. jacou33 dit :

    Ah, oui, quelle vie pour une horloge.
    J’ai choisi La grande fenêtre, parce que me mettant à la place du privé, j’étouffe un peu; Un drôle de corps, en effet dans quel état ressort-on de cette situation; et T’as bonne mine, pour résumer la situation présente du héros.
    Merci pour ces aventures.

    • Merci Jacou; la « grande fenêtre » a déjà servi dans le 1er épisode, mais je note « T’as bonne mine » & « un drôle de corps ».
      si c’est pas dans l’épisode de demain, ça sera pour le suivant

      🙂

  8. Bon, je boucle le sondage, prochain épisode demain matin. Au menu : Ca sent le sapin, Les femmes s’en balancent, Vivement mes pantoufles, La mome vert-de-gris & Les spaghetti par la racine. Je mets de côté « Un linceul n’a pas de poche » et Pendez-moi haut et court »
    🙂

  9. Valentyne dit :

    Coucou
    J’arrive trop tard pour le vote
    Mais pas pour la lecture !
    Passionnante enquête 🙂

  10. Leodamgan dit :

    Trop tard pour voter… Damned! Pourquoi tant de hâte?

    Je trouve que cet épisode a un petit côté San-Antonio (que j’adore) mais sans les jeux de mots (qui viendront peut-être)
    En tout cas, il y a de l’action!
    Bonne journée,
    Mo

    • Si tu veux voter, l’épisode suivant est paru 🙂 ; un petit gout de Saint-Antonio ? je n’y pensais pas, mais c’est vrai que j’en ai beaucoup (trop ?) lu…en tout cas merci, Frédéric Dard est une sacrée référence.

      • J’ai jamais aimé le Dard mais j’adore le Dodo, chacun son truc ! J’aurais bien voté que ça sentait le sapin mais c’est du tout cuit et de toute façon, je m’en vais lire la suite illico presto alors rien ne sert de me gratter les cordes, de banjo ou de guitare (une vraie trouvaille ce flamenco du privé caché) : je pars, je reviens dans le prochain épisode. A tout de suite.

  11. Asphodèle dit :

    C’est haletant ! Super, bien écrit, je file au suivant ! 😀

  12. emilieberd dit :

    Bon je cours chercher les Mambos et je lirai la suite cette album.
    Vraiment bien! Bravo! On ne décroche pas et c’est drôle!
    A plus.

  13. emilieberd dit :

    Cet am, pas « cette album » ! Pfiou! Allez je me sauve😉

  14. burntoast4460 dit :

    Toujours dangereux de sortir les pieds devant si on se réfère à Lucky Luke 🙂

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