Le renard dans l’assiette -12

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05/04/2016 par carnetsparesseux

Résumé des épisodes précédents : Stupeur du petit renard : la poule de l’assiette d’à côté l’agresse à coup de bec pendant que les autres hôtes du vaisselier font bombance dans la cuisine… Mais ou est le loup ?

* * *

« Le loup ? Tu ne crois pas qu’il a mieux à faire dans cette maison que manger des rogatons de cuisine ? »

Le petit renard sent la colère l’envahir : pas question qu’il laisse le loup se balader dans la maison et croquer la fillette, ni même Menton-Bleu, Gilet-Jaune ou Robe-Pâle !  Il doit empêcher cela. D’abord, se débarrasser de la poule acariâtre et, coûte que coûte, sortir de l’assiette. Son poil se hérisse et ses pattes se tendent ; de sa gueule rouge s’échappe un long feulement rauque…
En l’entendant, la poule se dandine au bord de l’assiette, soudain hésitante. Dans la cuisine, canard, cochon et mouton s’arrêtent de manger et lèvent les yeux vers le vaisselier où s’engage un furieux combat : tapi au fond de l’assiette, le renard tente de déséquilibrer la poule en lui mordant les pattes. Celle-ci, sautillant maladroitement, riposte à grands coups de bec qui cognent contre l’assiette où s’abrite le petit fauve. Comme elle manque tomber à deux reprises – elle ne doit son salut qu’à un hasardeux coup d’aile – lui s’enhardit, lance ses griffes tranchantes qui volent dans les plumes de la volaille. Ergots, griffes, bec, dents, chaque coup porte, et une nuée de plumes, de touffe de poils et de fragments d’assiette remplit bientôt la resserre et masque le combat aux spectateurs tétanisés. Le vaisselier tremble sous les coups, la vaisselle tinte !
La poule faiblit peu à peu mais n’abandonne pas et referme son bec jaune sur la longue queue rousse de son adversaire. Soudain, celui-ci plonge ses dents dans le dodu d’une  cuisse déplumée. Malgré les coups d’aile, le renard immobilise la poule sous l’assiette dont il est à moitié sorti. Au moment où il vise la gorge maigre de la volaille, deux grandes pattes noires et velues s’abattent sur les combattants et les séparent tandis qu’une grosse voix remplit la pièce : « Non mais vous n’avez pas un peu fini ? On ne peut pas vous laisser cinq minutes ? »

Et le loup  – car c’est lui, bien entendu – les dépose chacun à un bout de la resserre, le renard et son assiette fêlée en haut du vaisselier branlant ; la poule à moitié plumée sur le bord de la commode, hors de portée l’un de l’autre. Puis il reprend en chuchotant : « Se bagarrer dans le vaisselier ! On aura tout vu ! Vous voulez nous faire repérer ou quoi ? Et vous, le cochon, le canard et le mouton, ce n’est pas mieux : vous avez vu l’état de la cuisine, une étable, une porcherie ! »

Il ponctue ses phrases de longs regards terrifiants – en roulant les yeux – et cochon, mouton et canard ne peuvent s’empêcher de trembler à chaque fois ; la poule, elle, se borne à darder un œil myope et courroucé. Le renard lèche ses écorchures et essaie de mesurer la distance qui le sépare de la poule – mais comment bondir aussi loin avec la moitié du corps coincé dans l’assiette ? Le loup continue son chuchotis : « Et c’est à moi de faire la police ? C’est quand même le monde à l’envers. Est-ce que je fais ce que je veux, moi ? Et bien non ; je me raisonne. Et pourtant, j’aimerais bien courir à perdre haleine, et hurler tout mon saoul à la lune. Surtout ce soir ! »

La grande patte velue et griffue tire le petit rideau de cretonne qui masque la fenêtre : « Regardez comme la lune est pleine, ronde comme une assiette ! Je pourrais m’en donner à cœur joie, alarmer les chiens et faire crever de frousse les chasseurs emmitouflés sous leurs grosses couettes. Hé bien non, je ne me permets pas même pas ça : je lis sagement, j’essaie d’avoir le fin mot des histoires qu’on colporte sur nous. Enfin, si vous m’en laissiez le temps. Je ne vous demande pas de m’imiter, mais vous pourriez quand même être plus discrets. Pourvu que personne ne vous ait entendu. »

Tous font silence. Et dans ce silence, on entend le grincement d’une porte à l’étage, puis le tiptatop de pieds nus sur le plancher là haut, puis encore le tiptaptop des pieds nus dans l’escalier – et le léger crouinc de la troisième marche, que Menton-Bleu promet toujours de réparer et jamais ne répare. Dans la cuisine, plus personne ne bouge. Maintenant on marche au rez-de-chaussée ; la lumière vacillante d’une petite loupiote – pas bien nécessaire avec la pleine lune – tremble dans la salle à manger, et s’insinue dans la cuisine comme la porte s’ouvre doucement. Et puis une petite voix résonne, qui demande : «Mais où sont passés mes albums du Petit chaperon rouge et des Trois petits cochons ?

 

* * *

à suivre là !

« à qui est cette petite voix ? » ; à votre avis ?


Et comme on approche du dernier épisode, c’est le moment pour le lecteur de dire ce qu’il a à dire – à propos de l’histoire, pas sur la marche du monde et des planètes –  via les commentaires.

 

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42 réflexions sur “Le renard dans l’assiette -12

  1. Dominique dit :

    Tu pourrais faire intervenir le Père Noël qui revient en douce chercher le livre de contes de la fillette pour le lire pendant son temps libre, non ? 😉

    • Dominique dit :

      Il vient chaque nuit retrouver les animaux de la ferme (sur les assiettes) pour leur lire une histoire… et cette fois il trouve… le bazard !

      • Là bien essayé aussi mais c’est pas possible : si le PN lit les contes aux animaux peints tous les soirs, à force, le loup doit connaitre la fin du petit chaperon rouge !
        🙂

        • Dominique dit :

          Oui bien sûr, mais c’est bien pour cela que le PN varie chaque fois la fin des contes et que tu peux écrire le tien. (hé, hé !). C’est aussi pour cela que les animaux finissent par s’embrouiller. ce PN est un peu tordu quand il s’ennuie, que veux-tu !…

    • Le père Noël, il a bien 364 jours de temps libre, hein ? ça devrait lui suffire pour lire le petit Chaperon rouge et les trois p’tits cochons :))

  2. gibulène dit :

    A la petite fille qui, voyant le désordre comprend qu’il s’est passé quelque chose………… comment sauver son pote ? elle s’empare de l’assiette et y dépose des biscuits avant de remonter au premier étage (au cas où on lui poserait des questions)…………. laissant derrière elle loup, cochons et gallinacées………….

  3. MyoPaname dit :

    Le marchand de sable ne tarde pas à faire son entrée… Il hésite devant ce tableau désordonné d’animaux jouant les statues pour ne pas se faire repérer et la fillette les yeux remplis de sommeil cherchant son livre…. ! Que faire… Les pousser tous dans les bras de Morphée, et ainsi gagner du temps pour réfléchir à la suite…? Mais quelle suite…?
    Perso, suis total emballée par cette histoire et j’attends comme une gamine les épisodes suivants 😉

    • Et allez donc, un nouveau personnage à chaque épisode, comme si l’auteur n’était pas assez embarrassé de sa ménagerie et de la petite famille !!
      Je plaisante (sauf pour l’embarras du à la gestion des personnages) ; gagner du temps pour réfléchir à la suite ? Et si ce marchand de sable était l’auteur lui-même, qui endort les lecteurs le temps de trouver la suite de l’histoire ? « Pompololom pololopompompom, je suis le marchand de sableuuu » :))
      MyoPaname, je suis ravi que cette histoire t’emballe mais navré de devoir dire qu’on approche de la fin 😦

      • MyoPaname dit :

        La fin… on ne veut jamais entendre parler de la fin…! Mais bon, libre au Marchand de sableuuuu de faire durer le plaisir… pour ses lecteurs 😉
        PS : parait que dans toute blague il y a 99% de vérité.

  4. jobougon dit :

    Pour tout dire, cette histoire qui ligote un peu tous les acteurs m’angoisse légèrement. Le renard est coincé sous son vernis, le loup n’exprime pas sa nature première, la petite fille se trouve un peu obligée de manger sans faim, bref, tous ces personnages sont empêchés, empêtrés, et cela rend l’ambiance lourde. Par contre, j’admire la performance de l’écrivant, qui a su manier le détail à la perfection et laisser le lecteur dans l’entre-deux du déroulement de l’impossible. Disons le tout net, cette histoire est étouffante mais divinement bien contée.

    • Merci Jo pour toutes tes remarques (et compliments) ; je suis d’accord, cette histoire n’est pas entièrement joviale – à moi, elle fiche un peu la trouille. Mais quand même, ligotés, les personnages ? Ils agissent dans un environnement qui combine possibles et contraintes, comme tout le monde. Sinon, ça serait l’histoire du petit-renard-qui-serait-coincé-dans-une-assiette-mais-qui-pourrait-faire-un-tour-dans-l’espace-et-manger-des-glaces-à-la-fraise-sur-la tour-eiffel (par exemple) ; bref, tout serait possible, sauf l’histoire 🙂 !
      Quant au « déroulement de l’impossible », cette histoire est forcément vraie, puisque nous l’avons inventé ensemble.
      🙂

  5. Alphonsine dit :

    On croit que c’est la fillette qui arrive, mais en fait non, c’est robe pâle. Cette ménagerie lui plait : toute sa vie de vieille fille elle a dû agir selon les convenances. Ce soir elle va pouvoir redevenir enfant sans que personne n’en sache rien, sans que personne ne la juge. Et après les bacchanales, elle remettra tout en ordre, les animaux reprendront gentiment leur place et elle ira se coucher. Elle permettra même au loup d’aller hurler sous la lune, parce qu’il n’y a pas de raison pour qu’il ne soit pas un peu déraisonnable à son tour.

    Et moi j’aime cette histoire qui n’est pas du tout, mais pas du tout étouffante. Je pense que Jobougon a perdu son âme d’enfance, le malheureux !

    • jobougon dit :

      « La malheureuse », Alphonsine, pas le malheureux ! Jobougon est une vieille jeune fille ! 🙂
      Oui, son âme d’enfant doit être si perdue qu’il lui est impossible de la retrouver dans les conditions actuelles, mais après tout, comme dirait Einstein, tout est relatif.
      Libérez les renards, les poules, les loups et les assiettes en cuisine !
      Qu’un vent de ménagerie souffle sur nos têtes. L’idée du déménagement me plait beaucoup. 😉

      • Alphonsine dit :

        Toutes mes excuses pour cette erreur flagrante (enfin pas trop). Je viens de découvrir et survoler ton blog, et je me rends compte que je me suis trompée : tu n’as pas perdu ton âme d’enfant. Me voilà soulagée !

    • Jolie idée, Robe-Pâle qui pointe le nez, enfin débarrassée des contraintes du quotidien. Mais pourquoi pas Menton-Bleu ou Gilet-Jaune ? eux aussi auraient droit à un moment de tranquillité où tomberaient les masques des adultes responsables et sérieux…
      Je note, et on va voir ce qui va se passer. Mais il faut noter que la fin de l’histoire approche, et s’y préparer…encore un ou deux épisodes, guère plus (selon le principe qui veut qu’une histoire doit avoir un début et une fin pour être une histoire)

      • Alphonsine dit :

        Les autres sont trop grognons pour avoir encore un peu de fantaisie, alors que Robe-Pâle a toutes les qualités : Si elle était acariâtre, elle porterait une robe noire, ou grise, ou couleur chocolat les jours de grande originalité. Si elle porte des couleurs pâles, c’est qu’il lui reste de l’espoir et un désir secret.
        Allons bon, je croyais que toi, l’auteur, tu connaissais tes personnages !

        • Alphonsine, je suis convaincu par ton analyse colorimétrique ! Tu viens d’offrir à Robe- Pâle un rôle plus grand dans le prochain épisode.
          Et non, je ne connais pas « mes » personnages. Sinon, ou serait le plaisir de les suivre et de raconter ce que j’en vois ?

          • Alphonsine dit :

            Et le plaisir de nous partager ton histoire ? Tu ne peux imaginer la joie que j’ai de venir ici lire la suite. J’attends avec impatience le nouvel épisode. Je regrette déjà la fin de l’histoire d’ici bientôt. Ne pourrait-on pas envisager une suite ?

            • Alphonsine, bien sûr qu’il y a le plaisir de partager, et dans les deux sens, puisque les avis et commentaires emmènent l’histoire sur des pistes auxquelles je ne songeais pas. Et puis, paresseux sans lecteur, je ne prendrais pas la peine d’écrire ces histoires, je les rêvasserais et ce serait assez.
              Moi aussi je regrette la fin qui finira par arriver et je me dis que tôt ou tard je vais désappointer mes lecteurs, soit (trop tôt) quand l’histoire va se terminer, soit (trop tard), si je la fais durer et que je la rends moins intéressante.
              Mais bon… une fin, c’est obligatoire. Une suite ? pourquoi pas !
              et puis d’autres que moi peuvent l’écrire, cette suite 🙂

  6. Valentyne dit :

    C’est la petite fille qui arrive
    Et forcément elle aide le renard à moitié sorti … Et après
    ?
    Un mini tremblement de terre survient les assiettes se cassent définitivement et adultes, enfants et ménagerie se cherchent une autre maison 🙂

    • la fillette, le renard ; ça parait raisonnable. Le « mini » tremblement de terre casseur d’assiettes et tout le monde à la rue, ça me parait exagéré ! mais je note, je note.

      au fait, c’est quoi un mini tremblement de terre? 0,1 sur l’échelle de richter ?

  7. emilieberd dit :

    J’ai voté pour la fillette.
    J’ai bien aimé le loup raisonnable. « C’est quand même le monde à l’envers »😄

    • J’aime bien aussi ce loup sage et lecteur. Depuis le temps qu’on le raconte sauvage et sanguinaire, on peut lui offrir une seconde chance :))

      mais est–ce la loupiote qui trimbale la loupiote (je me comprends) ?

  8. Leodamgan dit :

    Je vois que cet épisode a excité l’imagination des commentateurs et suscité de nouveaux personnages…
    Personnellement, je me sens zéro imagination cette fois et voterai donc simplement pour la fillette. En fait, cette dernière n’a rien perdu du tout mais saisit ce prétexte pour se lever de son lit sans se faire gronder. Si elle continue à marcher, elle va voir de drôles de choses dans la cuisine…

  9. monesille dit :

    En premier les commentaires : je me régale ! Tu sais que je n’ai pas beaucoup de temps et pourtant je viens lire dès que je peux, même à des heures indues. Tu as l’art de mener les personnages à contre emploi et voici que c’est le loup lui-même qui ramène la paix . Alors la loupiote qui porte la loupiote me paraît évident ! Trop sans doute ! robe pâle est une bonne idée, mais pâle dénote un certain manque de caractère ! Bon comme je ne pense pas que ce soit les frères Grimm en personnes qui viennent visiter la cuisine, il va bien falloir décider ! Bruno Bettelheim, peut-être, qui veut étudier le comportement de loup ayant lu Dolto au XXI eme siècle 😀

    • Merci Monesille !
      Le loup à contre-emploi, c’était difficile d’y résister :)) et puis sinon il y aurait eu un carnage et l’histoire serait devenue « le loup-qui-avait-mangé-tout-le-monde-dans-la-maison-et-qui-n’arrivait-plus-à-rentrer-dans-son-assiette…
      La loupiote à la loupiote, c’est joli 😉

  10. Asphodèle dit :

    Ha je peux enfin venir lire les commentaires (quel délice^^) et j’ai relu cette scène d’anthologie, elle est magnifique avec ce loup sage qui pleure de ne pas hurler à la lune ! Et ta poule acariââtre qui ne décolère jamais, arf ! Quel ramdam ! Je vois bien la fillette, et le loup avec certainement une « re-visite » du Petit Chaperon Rouge à la sauce Dodo ! Je ne veux pas que ça finisse mais tu le dis toi-même, une histoire…etc etc.J’veux pas quand même ! 😦 Sauf si tu enchaines avec la poule !!! 😆 Sinon je te laisse le soin de nous mitonner une fin digne de ton talent ! On n’est jamais déçus ! 😉

    • Merci Asphodèle ; tu as vu, ils sont bien les commentaires, hein ? j’ai des bons lecteurs 🙂
      J’ai bien aimé imaginer ce loup (trop) sage, comme un contre-emploi évident. Bon, maintenant, faut que je trouve le moyen de faire redescendre la pression avant que la poule explose… ça va bien prendre un ou deux épisodes, à moins que ça parte je ne sais encore ou.
      Et c’est promis, la poule aura le rôle titre d’un prochain feuilleton.

      • Asphodèle dit :

        Tu as de très bons lecteurs, des lectrices surtout d’ailleurs ! Arf ! Que la poule n’explose pas en vol si elle doit avoir le premier rôle après, hein ! Mais quand même lui rabattre son caquet et lui voler dans les plumes est tentant ! 😆 Je te fais confiance ! 😉

  11. Il était temps de rendre justice à la sagesse du loup!

    • Merci Coquelicot. Lâcher un grand méchant loup dans la cuisine me paraissait trop sanguinaire et facile. Et déjà fait. Et puis on n’a jamais sa version de l’histoire,à ce grand timide raisonnable 🙂

  12. domicano dit :

    Dans l’histoire il n’y a que le renard à ne pas être sorti de l’assiette. curieux non? Ne vit-il pas une nuit hallucinatoire où tout ce qu’il peut imaginer se réalise et comme dans beaucoup de rêves, le héros reste coincé , spectateur de ce que font les autres qui l’ignorent ou le martyrisent. Finalement c’est le rêve de la petite fille qui va le libérer, sa complice non?

  13. Bon, on va arrêter le vote, il est temps de passer à la suite. Qui est derrière la porte ? Vous pensez d’abord à Robe-Pâle (qui serait toute heureuse de voir la ménagerie réunie… enfin du nouveau !) et à la fillette ; un tremblement de terre, assiettes cassées, maison rasée, et hop, le petit cirque part en tournée vient ensuite, puis (ex-aequo) le Père Noël et le marchand de sable…. mais pas les frères Grimm.
    On va bien voir ce qui va se passer ensuite, mais une chose est sûre, il y en a au moins pour deux ou trois épisodes !

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