Le Nouveau Testament selon Gaspard

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13/01/2014 par carnetsparesseux

L’âne fuit, vexé : quand nous avons amené le bœuf, Marie n’a plus eu d’yeux que pour lui. Quand il y a le bœuf dans une crèche, il n’y a plus que lui qui compte. D’un regard de ses gros yeux, il a endormi le Petit. Seul Joseph, après un regard dubitatif sur l’animal cornu, a pensé à dire merci pour la myrrhe et l’encens.
Ce soir, regardez, le ciel a chassé tous ses nuages pour nous ! Il a fixé au plafond ses punaises de cuivre, avec une lune élégante en arrondi d’ongle soigné. Le désert de Jordanie n’en est que plus frisquet, bien sûr, mais on respire, mais on s’aère, ça change de l’étable des faubourgs de Jérusalem ! C’est vrai qu’il manque la Mer Rouge (on aurait pu longer la côte), mais le ciel n’est pas mal non plus comme image de l’infinitude. On ne s’attendait pas à suivre cette étoile aussi vite, ni peut-être aussi longtemps, ni jusqu’à La Mecque. Melchior, Balthazar, regardez-la, même quand on ne la verra plus, elle existera au-delà de la fin des temps, s’il faut en croire le plan divin de Celui dont on ne prononce pas le Nom en vain.

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Ce texte presque de saison est un détournement d’un extrait de Mek-Ouyes chez les Testut, de Jacques Jouet. Celui-ci a été désigné oulipien de l’année 2014 par Zazie mode d’emploi, qui organise l’événement.
Le texte d’origine et tout plein d’autres textes-hommages se trouvent sur le site de Zazie.

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