Tralalala tango

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21/12/2013 par carnetsparesseux

Tant que j’aurai une main au bout des bras,
enfin une main à chaque, au moins une main,
je me dirai que ça peut aller jusqu’à demain.
Et tant que j’aurais des doigt au bout des mains,
enfin cinq doigts à chaque, au moins cinq doigts,
je me dirai que ça va comme ça, ça va comme ça.

Je suis pianiste d’ambiance, j’harmonise les bâillements
des filles qui suivent les clients dans les coins d’la piste de danse.
Tandis qu’je trime dans l’noir je vois ce gros nigaud,
saoûlot qui frime au bar, qui se chauffe avant son show.

Coincée derrière l’piano pendant qu’monsieur fait l’beau,
j’accompagne tous les soirs ce chanteur qui chevrote,
d’sa p’tite voix sans espoir, il pousse sa petite note,
son unique morceau, son Tralala tango.

Plantée derrière l’piano tandis qu’il roule des hanches
tous les jours et l’dimanche y’a mon coeur qui prend l’eau
si j’trouvais un amant chaque fois qu’il rate un temps,
mon dieu quelle expérience ! j’aurai jamais cette chance.

Mais tant que j’aurai une main au bout des bras,
enfin une main à chaque, au moins une main,
je me dirai que ça peut aller, jusqu’à demain.
Et tant que j’aurais des doigt au bout des mains,

enfin cinq doigts à chaque, au moins cinq doigts,
je me dirai que ça va comme ça, ça va comme ça.

Mes nuits sont sans histoire :  je tripote l’ivoire
derrière c’pantin livide d’vant des tabourets vides ;
si je gagnais au loto à chaque fois qu’il chante faux
j’filerais à Zanzibar oublier les Beaux-Arts.

Après son tour de chant on éteint les lumières
moi je range le piano et j’passe la serpillère
lui sirote des sirops et se frotte aux rombières
qui sifflotent en soufflant son Tralala tango.

Puis au p’tit matin blême je rentre au pensionnat
mon artiste sur le dos et mon piano sou’l’bras,
bien sûr c’est mon problème bien sûr chacun sa croix
mais est-ce trop demander une croix qui n’chante pas tralalalalala

Tant que j’aurai une main au bout des bras,
enfin une main à chaque, au moins une main,
je me dirai que ça peut aller jusqu’à demain.
Et tant que j’aurais des doigt au bout des mains,
enfin cinq doigts à chaque, au moins cinq doigts,
je me dirai que ça va comme ça et ça ira.

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