le coq chantait !

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25/11/2013 par carnetsparesseux

Le coq chantait !
Au lieu de dormir près de ses poules, ce crétin somnambule cocoricotait dans les coquelicots, faisait l’utile, le nécessaire, l’indispensable, l’unique. Comme si le soleil avait besoin de lui pour se lever le matin ! Bref, le ras-de-la-crête se haussait du col quand il aurait mieux fait de se tenir coi : sa façon d’annoncer l’aurore à minuit n’était pas la meilleure façon de me plaire. Ça n’est pas qu’il me sortait d’un bon sommeil : je suis insomniaque, moi. Et chaque nuit, le chant du coq me rappelle que je ne dors pas, et ça, ça énerve.

En plus il vagabonde à travers la ferme : hop, un zig vers la mare, hop, un zag près du poulailler. Aussitôt, en écho, canards et poules entonnent à qui mieux mieux coincoins et caquetages -à croire qu’ils se sont donné le mot-. La suite est réglée comme du papier musique, le coco longe la bauge, tirant les porcelets et les laies des sabots de Morphée ; puis, devant l’étable, sort les vaches et leurs veaux de leurs rêves de foin et de paille. Il passe enfin devant les clapiers et la niche. Bref, le gros lot est vite gagné : comme chaque jour à minuit, basse et haute cour sont bientôt réveillées et les poules chantent, les vaches meuglent, les cochons grognent, les veaux mugissent, tandis que le chien aboie à la lune, les lapins glapissent dans leurs clapiers et les moutons bêlent, bêlent, bêlent comme le jour…jusqu’au fermier qui beugle du fond de son lit !

Le comble, c’est que dans ce raffut, le seul qui dort encore, c’est le coquelet somnambule ! Et une fois de plus, je suis le seul à me taire : pas question que je mêle mon braiement à la chorale de la ferme. Je braie seul, si je veux, quand je veux, ou je la ferme ! Mais il n’est pas dit que je subirai le chahut jusqu’à la lie. Quand le réveil-sur-pattes errera dans l’écurie, juste devant ma stalle, je tirerai sur mon licou, et paf ! Je le réveillerai et le rendormirai d’un même coup de sabot : le gallinacé ne gloussera même pas un aïe de surprise. Efficace, le coup de pied de l’âne… : une fois le perturbateur hors circuit, le silence reviendra illico sur la ferme. Et alors, je pousserai un long hihan, un seul, pour leur apprendre, à tous ces grégaires.

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